Au cours des dernières années, les conflits en Afrique de l’Ouest ont pris en ampleur, notamment en raison de l’émergence de groupes armés et en particulier de groupes extrémistes violents. La région du Sahel est ainsi devenue un épicentre de l’extrémisme violent, avec des groupes qui étendent leur influence jusqu’aux États riverains du golfe de Guinée. La propagation de l’extrémisme violent est à la fois aggravée et alimentée par la prolifération illicite d’armes et de munitions conventionnelles. Or, si l’extrémisme violent et la demande d’armes ont des causes profondes communes, celles-ci n’ont pas été suffisamment prises en compte jusqu’à présent. Agir sur ces liens offre une voie efficace pour s’attaquer à la fois à ces causes profondes communes et à l’approvisionnement en armes, contribuant ainsi à une prévention durable de la violence armée . 

Dans ce contexte, l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR), le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) de la Suisse et le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC) ont organisé en 2023 un séminaire régional sur la prévention de l’extrémisme violent (PEV) et la gestion des armes et des munitions (GAM) en Afrique de l’Ouest. Le séminaire a appelé à adopter une approche intégrée pour traiter ces deux questions et recommandé de réaliser une étude  afin d’étayer ce changement d’approche. 

Cette étude empirique examine une approche intégrée visant à agir sur l’approvisionnement illicite en armes et sur les causes profondes de la violence, en analysant les intersections entre la PEV et la GAM dans les cadres stratégiques, les institutions et les pratiques opérationnelles. Elle met en évidence des pratiques exemplaires existantes en matière d’intégration de la PEV et de la GAM et examine des opportunités prometteuses propres au contexte régional. L’étude propose des mesures concrètes pour aider les États, les organisations régionales et continentales, les entités des Nations Unies et d’autres parties prenantes à mettre en œuvre une telle approche intégrée en Afrique de l’Ouest et au-delà.